" Il éprouvait la même sensation quand il se trouvait ici avec son père tandis que des images apparaissaient sous ses yeux. Un négatif ne contenait pas une seule photo, mais une multitude de photos différentes, lui avait-il expliqué. Et il n'y avait pas un moment unique, mais une infinité de moments à l'intérieur du même moment : tout dépendait de la personne qui regardait et du regard qu'elle posait sur la scène.
En l'écoutant, Paul avait eu l'impression qu'un trou bénat s'ouvrait dans sa poitrine : si c'était vrai, il ne saurait jamais réellement qui était son père, et cette pensée le terrifiait. Pourtant, il aimait être ici dans la lumière rouge et l'odeur des produits chimiques. Il aimait les étapes précises du développement : la lumière de l'agrandisseur, les bains successifs dans le révélateur et le fixateur, et finalement les images qui séchaient sur leur fil, brillantes et mystérieuses. " (extrait de la page 324)
......................................................................... " -Je n'ai jamais imaginé qu'il pourrait mourir. Je n'ai jamais imaginé que ça me toucherait à ce point. Nous n'avons jamais été particulièrement proches, lui et moi.
On ne s'est pour ainsi dire jamais parlé...
-Je sais. " (extrait page 483)